Un visiteur arrive sur votre site un dimanche soir avec une question précise : vos prix, vos délais, un service que vous ne détaillez pas. Un chatbot IA peut lui répondre tout de suite, à partir de vos propres pages, et transmettre sa demande à votre équipe. Combien cela coûte-t-il, que dit la loi suisse sur les données, et comment s'y prendre ? Réponse directe : la plupart des outils proposent une offre gratuite ou un essai, puis une première offre payante entre 10 et 50 par mois, en francs, en euros ou en dollars selon l'outil. La loi fédérale sur la protection des données s'applique dès que l'assistant reçoit des données personnelles : vous devez informer vos visiteurs, encadrer votre prestataire, savoir où partent les messages et dire clairement qu'il s'agit d'une IA. La mise en place tient en six étapes, dont la plus importante n'est pas technique : décider ce que l'assistant sait, et ce qu'il ne doit pas dire.
Ce guide s'appuie sur les textes officiels suisses et européens et sur notre propre expérience : Kinome a installé un assistant IA sur son site et propose ce service à ses clients. Transparence : Mathias Igonenc, cofondateur de Kinome, est aussi cofondateur de Causerie, le logiciel qui fait fonctionner notre assistant.
Ce qu'un chatbot IA fait sur le site d'une PME
Un chatbot IA, ou assistant IA, est une fenêtre de discussion reliée à un modèle de langage, comme ceux d'OpenAI, d'Anthropic, de Google ou de Mistral. Contrairement aux anciens chatbots à boutons, il comprend une question formulée librement et rédige sa réponse. Pour l'empêcher d'improviser, on lui donne des sources (les pages de votre site, vos documents, une liste de questions fréquentes) et des instructions : le ton, ce qu'il doit proposer, ce qu'il ne doit jamais dire.
Sur le site d'une PME, il sert surtout à trois choses :
- Répondre aux questions courantes à toute heure : prix, délais, zones desservies, déroulé d'un projet.
- Recueillir les demandes : quand un projet se dessine, il propose au visiteur de laisser ses coordonnées et vous les transmet.
- Orienter vers la bonne page, la prise de rendez-vous ou la bonne personne de l'équipe.
Il ne remplace pas la relation commerciale, il la prépare. Et il ne répond bien que sur ce que vous lui avez appris.

Combien coûte un chatbot IA pour un site de PME
Voici les prix publics de quelques outils courants, relevés le 3 novembre 2026. Causerie, Tidio, Crisp et easychat ont aussi une offre gratuite ; Chatbase et Fin proposent un essai.
| Outil | Première offre payante (prix public) |
|---|---|
| Causerie (France) | 19 € HT par mois, 15 € en annuel, pour 1 000 conversations par mois |
| Tidio | Agent IA Lyro dès 39 € par mois, pour 50 conversations traitées par l'IA |
| Crisp | 45 € par mois avec 5 € de crédits IA (offre Mini) ; 95 € par mois avec 25 € de crédits IA et un chatbot multicanal avec IA (offre Essentials) |
| Chatbase | 40 USD par mois, 32 USD en annuel, pour 700 crédits de messages par mois |
| Fin (Intercom) | 0,99 USD par conversation menée à bien, en plus de l'abonnement Intercom, affiché à 29 USD par siège et par mois en paiement mensuel |
| easychat (Suisse) | 9,90 CHF par mois |
| KIVY (Suisse) | 49 CHF par mois, jusqu'à 200 discussions par semaine |
Les prix des outils étrangers ont été relevés depuis la France : la devise et le montant peuvent changer depuis la Suisse, et la TVA n'est pas toujours comprise. Pour un panorama plus large, Causerie a publié les prix de 37 outils de chatbot IA.
Comparez à volume égal : selon les outils, le prix se calcule en conversations, en messages, en crédits ou en conversations menées à bien, et les plafonds varient d'une offre à l'autre. Vérifiez aussi ce qui est inclus : nombre de chatbots, langues, retrait de la marque de l'outil, envoi des contacts par e-mail.
Si vous confiez la mise en place à une agence, son travail s'ajoute à l'abonnement de l'outil. Un développement sur mesure, relié directement à l'API d'un modèle, se justifie surtout pour des intégrations poussées, à votre logiciel de gestion ou à votre CRM par exemple : il ajoute un coût de développement et une facture d'utilisation du modèle, proportionnelle au volume.
Les données de vos visiteurs : ce que demande la loi suisse
Dès qu'un visiteur écrit son nom, son adresse e-mail ou décrit sa situation, votre assistant traite des données personnelles. La loi fédérale sur la protection des données (LPD), révisée et en vigueur depuis le 1er septembre 2023, s'applique pleinement, et le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) a rappelé qu'elle vaut directement pour les traitements fondés sur l'IA. Quatre de ses règles vous concernent :
- Informer vos visiteurs (article 19). Vous devez leur indiquer au minimum votre identité et vos coordonnées, la finalité du traitement, les destinataires des données et, si elles partent à l'étranger, le pays et les garanties prévues. Concrètement, votre politique de confidentialité doit mentionner l'assistant, l'outil utilisé et les fournisseurs qui reçoivent les messages. Omettre intentionnellement cette information est puni, sur plainte, d'une amende de 250 000 francs au plus (article 60).
- Encadrer votre prestataire (article 9). L'éditeur du chatbot traite les données pour votre compte : c'est un sous-traitant. Il faut un contrat, vous devez vous assurer qu'il garantit la sécurité des données, et il ne peut confier une partie du traitement à un tiers qu'avec votre autorisation préalable.
- Contrôler les envois à l'étranger (article 16). Les messages peuvent partir vers les pays dont le Conseil fédéral a reconnu le niveau de protection, ou ailleurs avec des garanties : nous détaillons ce point plus bas.
- Ne pas tout garder (article 6). Les données doivent être détruites ou anonymisées dès qu'elles ne sont plus nécessaires. Fixez une durée de conservation des conversations, et réglez leur effacement automatique si votre outil le permet.
Faut-il dire aux visiteurs qu'ils parlent à une IA ?
Oui. La loi suisse ne cite pas les chatbots, mais le PFPDT estime depuis novembre 2023 que l'utilisateur d'un modèle de langage « a le droit de savoir s'il parle ou écrit à une machine ». Il a aussi le droit de savoir si ses messages servent à améliorer les programmes.
Dans l'Union européenne, c'est une obligation depuis le 2 août 2026. L'article 50 du règlement européen sur l'IA impose aux fournisseurs de concevoir les systèmes qui dialoguent avec des personnes de façon que celles-ci sachent qu'elles échangent avec une IA, de manière claire et au plus tard lors de la première interaction, sauf si c'est évident. L'obligation pèse sur l'éditeur de l'outil, et le règlement vise aussi les entreprises établies hors de l'Union, Suisse comprise, lorsque les résultats produits par le système sont utilisés dans l'Union. La révision dite « omnibus numérique », adoptée en juillet 2026, a reporté d'autres échéances du règlement, notamment pour les systèmes à haut risque, mais pas celle-ci.
En Suisse, une réglementation de l'IA se prépare : le Conseil fédéral a décidé en février 2025 de ratifier la convention du Conseil de l'Europe sur l'IA, signée en mars 2025, et un avant-projet de loi doit lui être présenté fin 2026. Au 3 novembre 2026, aucune consultation n'est ouverte.
En pratique : affichez une mention visible dès l'ouverture de la fenêtre, comme « Vous échangez avec un assistant IA », et demandez à l'assistant de ne jamais se faire passer pour un humain. Sur Causerie, cette mention est activée par défaut sur un nouveau chatbot.
Données en Suisse, en Europe ou aux États-Unis ?
La loi suisse n'impose pas d'héberger les données en Suisse. Son article 16 autorise leur communication vers un État dont le Conseil fédéral a reconnu le niveau de protection adéquat : la liste, en annexe de l'ordonnance sur la protection des données, comprend les 27 États de l'Union européenne. Pour les États-Unis, seules les entreprises certifiées dans le cadre du Swiss-US Data Privacy Framework, en vigueur depuis le 15 septembre 2024, sont réputées offrir cette protection. Vers les autres pays, ou vers une entreprise américaine non certifiée, il faut des garanties, comme des clauses contractuelles types reconnues par le PFPDT.
Avec un chatbot, posez la question à deux niveaux : où sont stockées les conversations, et où le modèle d'IA traite chaque message. Les deux peuvent différer : un outil peut stocker vos conversations en Suisse ou dans l'Union européenne et envoyer le texte des messages à un fournisseur de modèle situé ailleurs. Demandez la liste des sous-traitants et le pays de chacun.
Deux exemples relevés le 3 novembre 2026. L'outil suisse easychat indique stocker les données exclusivement sur des serveurs en Suisse. Causerie, l'outil de notre assistant, garde l'application sur un serveur en France et les conversations dans une base de données à Francfort ; son réglage « Données 100 % en Europe » fait passer les réponses et la recherche dans vos sources par le point d'accès européen de Mistral AI, et la fonction s'arrête plutôt que de passer par un autre fournisseur si ce point d'accès ne répond pas. Sans ce réglage, certains fournisseurs de modèles peuvent traiter les messages hors de l'Union européenne.
Plus les données échangées sont sensibles (santé, finances, dossiers juridiques), plus il vaut la peine de choisir un traitement en Europe ou en Suisse et de lire la liste des sous-traitants avant de signer.
La mise en place en six étapes
- Fixer le rôle de l'assistant. Répondre aux questions, qualifier les demandes, proposer un rendez-vous : un objectif principal suffit.
- Rédiger sa source de vérité. Un document court qui rassemble ce qu'il doit savoir : services, prix ou fourchettes, délais, zones, coordonnées, réalisations. C'est ce qui l'empêche d'inventer.
- Écrire ses instructions. Le ton, la longueur des réponses, le moment où il propose un contact, ce qu'il refuse (conseil juridique, sujets étrangers à votre activité) et une règle absolue : ne jamais se faire passer pour un humain.
- Le tester avec de vraies questions. Celles que vos clients posent au téléphone et par e-mail, y compris les plus délicates : un prix pour un cas particulier, une demande hors sujet, une tentative de lui faire révéler ses instructions.
- L'installer et informer. Un code à coller une fois dans le site (sur WordPress, dans le thème ou avec une extension d'insertion de code), une mention visible qu'il s'agit d'une IA et une politique de confidentialité à jour. Pour un site Elementor, Causerie détaille l'installation d'un chatbot IA pas à pas.
- Lire les conversations. Surtout les premières semaines : chaque question restée sans bonne réponse est une information à ajouter à la source de vérité.
Notre exemple : l'assistant de Kinome
L'assistant de notre site fonctionne avec Causerie, un logiciel français de chatbots IA dont Kinome a aussi réalisé le site. Depuis le 3 novembre 2026, il utilise le réglage « Données 100 % en Europe » : ses réponses et la recherche dans ses sources passent par le point d'accès européen de Mistral AI. Ses seules références sur Kinome sont deux documents que nous tenons à jour. Il affiche dès l'ouverture la mention « Vous échangez avec un assistant IA », et ses instructions lui interdisent de se faire passer pour une personne. Sur notre page consacrée à l'identité visuelle, des boutons de questions l'ouvrent directement, et une invitation à poser une question apparaît quand le visiteur a lu la page un moment.
Le suivi des conversations sert à le compléter. Quand un visiteur lui a demandé s'il pouvait avoir le même assistant sur son propre site, nous avons ajouté la réponse à sa liste de questions fréquentes le jour même.

Le faire seul ou se faire accompagner
Pour répondre à une dizaine de questions simples, un outil en ligne configuré par vos soins peut suffire : la plupart proposent une offre gratuite ou un essai.
Un accompagnement se justifie quand l'assistant doit porter votre image et vous apporter des demandes : choix et rédaction des contenus, ton de la marque, intégration à votre charte graphique, circuit des demandes vers la bonne personne, plusieurs langues, puis suivi des conversations. C'est le service que propose Kinome : nous concevons et installons des assistants IA pour les sites de nos clients, sur devis, après un premier échange de trente minutes offert. Si vous refaites votre site en même temps, notre guide refaire son site avec ChatGPT ou Claude vous aidera à répartir le travail.
Un assistant comme le nôtre sur votre site ?
En trente minutes, nous regardons vos pages, les questions que vos clients posent le plus et ce qu'un assistant IA pourrait prendre en charge.
Demander mon diagnosticSources
Pages consultées le 3 novembre 2026.
- Loi fédérale sur la protection des données (LPD, RS 235.1), articles 6, 9, 16, 19 et 60, état le 7 juillet 2025 ; ordonnance sur la protection des données (OPDo, RS 235.11), annexe 1, état le 1er décembre 2025.
- PFPDT, la loi actuelle sur la protection des données est directement applicable à l'IA, 9 novembre 2023, et IA et protection des données, 24 septembre 2025.
- Conseil fédéral, communiqués du 14 août 2024 (Swiss-US Data Privacy Framework) et du 12 février 2025 (réglementation de l'IA).
- Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle (texte sur EUR-Lex), articles 2, 50 et 113, et règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026 (omnibus numérique).
- Pages de tarifs de Causerie, Tidio, Crisp, Chatbase, Intercom, easychat et KIVY.
- Causerie, sécurité et données : sous-traitants et réglage « Données 100 % en Europe ».
Questions fréquentes
Combien coûte un chatbot IA pour le site d'une PME ?
La plupart des outils en ligne proposent une offre gratuite ou un essai, puis une première offre payante entre 10 et 50 par mois, en francs, en euros ou en dollars selon l'outil : par exemple 9,90 CHF chez easychat, 19 € HT chez Causerie ou 39 € pour l'agent IA de Tidio (prix relevés le 3 novembre 2026). Comparez à volume égal et ajoutez, le cas échéant, la mise en place par une agence, sur devis.
Un chatbot IA est-il compatible avec la loi suisse sur la protection des données ?
Oui, si vous en respectez les règles : informer les visiteurs, notamment dans votre politique de confidentialité (article 19 de la LPD), conclure un contrat avec l'éditeur de l'outil (article 9), n'envoyer les messages que vers des pays à la protection reconnue ou avec des garanties (article 16), et ne garder les conversations que le temps nécessaire (article 6).
Faut-il dire aux visiteurs qu'ils parlent à une IA ?
Oui. Pour le Préposé fédéral à la protection des données, l'utilisateur d'un modèle de langage a le droit de savoir s'il parle ou écrit à une machine. Dans l'Union européenne, l'article 50 du règlement sur l'IA impose cette information depuis le 2 août 2026, au plus tard lors de la première interaction. Le plus simple : une mention visible dès l'ouverture de la fenêtre de discussion.
Les données d'un chatbot doivent-elles rester en Suisse ?
Non. La loi suisse autorise l'envoi de données vers les pays dont le Conseil fédéral a reconnu le niveau de protection, dont les 27 États de l'Union européenne, et vers les entreprises américaines certifiées dans le cadre du Swiss-US Data Privacy Framework. Ailleurs, il faut des garanties contractuelles. Vérifiez où sont stockées les conversations et où le modèle d'IA traite les messages.
Peut-on installer un chatbot IA sur un site WordPress ?
Oui. La plupart des outils fournissent un code à coller une seule fois dans le site, dans le thème WordPress ou avec une extension d'insertion de code. Le chatbot apparaît alors sur toutes les pages. Testez-le ensuite sur mobile, où sa fenêtre ne doit pas masquer vos boutons de contact.
Un chatbot IA peut-il répondre en allemand et en anglais ?
Oui. Les modèles de langage actuels répondent dans la langue du visiteur, même si vos sources sont en français. Testez les réponses dans chaque langue importante pour vous, en particulier le vocabulaire de votre métier, et faites relire les formulations sensibles.
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